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Écoles à l'examen

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60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Budget

Les dépenses du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport représentent le quart des dépenses du gouvernement québécois, soit 15,5 milliards de dollars.

En 2011-2012, la dépense du gouvernement du Québec pour l’éducation, le loisir et le sport était estimée à 15,5 milliards de dollars, ce qui représente 25,4 % de ses dépenses de programmes (la santé étant le seul secteur qui récolte une part plus importante).

Dans la deuxième moitié des années 90, la part de l’éducation, du loisir et du sport dans l’ensemble des dépenses de programmes a diminué sensiblement, suite à d’importantes compressions budgétaires.

Entre 2002-2003 et 2011-2012, le budget de l’éducation, du loisir et du sport est passé de 11,2 milliards de dollars à 15,5 milliards de dollars, soit une croissance annuelle de 3,7 %. Cette forte augmentation s’explique par la hausse des coûts de système, mais aussi par les mesures de réinvestissement et de développement (programmes de lutte au décrochage, réduction de la taille des classes, soutien aux élèves aux besoins particuliers, etc.).

En 2008-2009 au Québec, le coût total de formation d‘un diplômé du secondaire était estimé à 135 908 $.

En 2009-2010, la dépense globale par élève engagée par les commissions scolaires du Québec était de 11 404 $, alors que la moyenne du reste du Canada est de 12 292 $. C’est une différence attribuable surtout aux écarts du coût de la vie dans les différentes provinces. En fait, le Québec est l’une des juridictions au monde où les dépenses en éducation par rapport au PIB sont les plus élevées (7,5 % en 2003).

Plus de la moitié des dépenses des commissions scolaires sont liées à la rémunération des enseignants.

Un peu plus de 3 % du budget de l’éducation va au secteur privé.

Matière à réflexion

Tableau qui résume les dépenses de chaque pays pour l’éducation.

Bulletin

S’il y a un aspect de la réforme qui a fait les manchettes, c’est bien le fameux bulletin et la manière d’évaluer les jeunes! Dans un article publié en avril 2011 dans L’Actualité, l’enseignante Diane Boudreau écrivait : « La dernière réforme [est] celle qui nous a imposé les compétences transversales, les bulletins avec des émoticônes, les bilans de fin d'année à données variables (…) »

De fait, le renouveau pédagogique a entraîné toute une série de changements dans les contenus, mais surtout dans la façon d'évaluer les élèves. L'approche par projets est devenue le cœur de l'enseignement. On s'est mis à exiger des enseignants qu'ils s'intéressent aux compétences des élèves et non à leur capacité de retenir la matière. Les examens à choix multiples ou à développement court utilisés jusque-là sont ainsi devenus moins appropriés, voire inutiles. Désormais, on évaluait et on notait différemment.

Le bulletin s’est alors transformé. Fini les notes chiffrées par matière. On pouvait y retrouver de tout : des soleils, des lettres, des notes. Parallèlement, on excluait des données comme la moyenne de groupe. Et puis, ce qui importait, c’était le dernier bulletin. Le résultat aux évaluations de la dernière étape primait sur toutes les autres évaluations.

C’était l’idée de départ, au moment où la réforme a été déployée, mais année après année, les choses ont évolué, les professeurs se sont adaptés. L'évaluation a été, pour plusieurs enseignants, le nerf de la guerre. Toutes les étapes pour évaluer les compétences et les outils qu'on exigeait pour arriver à l'évaluation de ces compétences étaient très énergivores et ont mené à plusieurs cafouillages.

Pour les parents, le bulletin comportait son lot de frustrations. « C’était un bulletin très intéressant pour les pédagogues, mais pour un parent, c’était difficile à lire », explique Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) et directeur général du Collège Bourget. Comment comprendre où se trouve son enfant sans la moyenne de groupe? Comment faire le pont entre les évaluations de deux enseignants, de deux écoles différentes? En cas de déménagement, il était difficile de faire le lien.

L’année 2012 a vu le retour du bulletin unique. À travers la province, un seul et même formulaire est utilisé et les notes sont de nouveau chiffrées. « C’est un mélange des anciens bulletins et de ceux de la réforme. Désormais, tous les bulletins ont les mêmes textes, les mêmes mots, les mêmes critères d’évaluation. Ça ne veut pas dire que tout le monde évalue de la même manière, mais le libellé est le même partout », rapporte Monsieur St-Jacques.

Avec ce bulletin unique, on conserve l’idée de l’évaluation des compétences chère à la réforme. Les bulletins ne sont pas monolithiques comme ceux qui ont précédé le renouveau pédagogique et les notes sont ventilées. Ainsi, la note de français est décomposée en trois : « lire », « écrire », « communiquer oralement ».

« Un effort a été fait pour que la communication soit plus claire », conclut Jean-Marc St-Jacques. Reste à voir si enseignants et parents adopteront ce nouveau bulletin unique.

Matière à réflexion

MELS bulletin unique
Document résumant le nouveau bulletin unique en vigueur dans les écoles québécoises au primaire comme au secondaire.

Burn-out

Le burn-out est-il l’ennemi no1 des enseignants? Au Québec, depuis vingt ans, plusieurs études ont révélé des taux d’épuisement professionnel accablants. Même chose à l’échelle canadienne et en Europe. C’est parfois près du tiers des enseignants qui disent souffrir de troubles psychologiques. Le travail serait à ce point accablant que 35 % des enseignants disent être trop épuisés pour participer pleinement à la vie de famille en rentrant à la maison.

Pour Mélanie, enseignante dans une école primaire de la région de Québec, l’écueil, c’est la passion même des professeurs. « Souvent, l’enseignant va avoir de la difficulté à laisser les enfants dans une situation douloureuse. L’épuisement professionnel ne vient pas seulement de ce qu’on fait, mais surtout de ce qu’on n’est pas capable de faire. »

D’autres facteurs sont pointés du doigt par les enseignants québécois quand il s’agit d’expliquer l’épuisement généralisé : comportement de violence ou de nonchalance des élèves, intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, gestion de classe plus complexe, charge de travail, relations de travail difficiles, exigences des parents, précarité et manque de soutien à l’insertion professionnelle, manque de valorisation et de reconnaissance sociale.

En 2011, des chercheurs de l’Université de Montréal ont fait entendre un autre son de cloche. Selon l’équipe de Luc Brunet, 94 % des profs sont en bonne santé psychologique – même s’ils font face à un haut niveau de stress. Cette étude met également en valeur le fait que les enseignants qui vivent une grande détresse proviennent d’un petit nombre d’écoles. Conclusion : le climat de l’école est primordial pour la bonne santé psychologique des enseignants. Encore plus que l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières ou que les impacts de la réforme.

CMF-FMC