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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Horaire

Qu’ils durent 50 ou 75 minutes, sur un horaire-cycle de 5, 7 ou 9 jours, les cours se suivent au rythme des cloches qui annoncent la fin ou le début des classes. Durant cette période, un enseignant et ses élèves passent à travers le contenu d’une matière, que tous doivent assimiler plus ou moins à la même vitesse. « L’école a pour objectif de mettre ensemble les gens d’un même âge chronologique, qui n’ont pas nécessairement la même vitesse d’apprentissage », relève Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés et directeur général du Collège Bourget. Revoir les horaires et le rythme des cloches, revoir la durée des cours peut avoir des impacts positifs sur les résultats, la motivation et les comportements.

À l’école primaire et secondaire à vocation artistique FACE, à Montréal, pendant des années, la cloche entre les classes ne retentissait tout simplement pas. « Quand c’est arrivé, on trouvait ça agressant », raconte Mireille Valiquette, une enseignante de théâtre. « Maintenant, il y a une cloche le matin, 5 minutes avant le début des classes. Ça annonce que ça va commencer. Il y a une cloche à la fin des cours, mais pas au début. C’est le battement, ça veut dire : "On bouge". À la récré, la cloche sonne 5 minutes avant le début des cours. C’est moins rigide. » Pour Marie-Ève Arseneau, enseignante de musique à FACE, ce système favorise la débrouillardise des écoliers dès leur plus jeune âge. « Il faut qu’ils se déplacent, un peu comme une école secondaire, mais dès le primaire. Ils doivent être autonomes parce qu’ils se déplacent beaucoup dans une journée! »

À l’école secondaire Marie-Anne, à Montréal, on a également revisité l’horaire. Dans cette école de raccrocheurs, c’est au rythme de périodes de trois heures que se déroulent les journées. Pourquoi? Parce que c’est le meilleur moyen de rejoindre les élèves. La direction de l’école croit que les blocs de trois heures favorisent l’apprentissage. L’élève qui complète et réussit plus vite un cours est davantage motivé. Mais ce n’est pas tout. « Les jeunes sont plus souvent avec leur enseignant. Ça leur permet de développer une relation, un lien significatif. C’est une organisation scolaire qui est très favorable pour des élèves qui sont en difficulté d’apprentissage », explique Claire Poirier, directrice de l’école Marie-Anne.

Bref, les horaires ont leur rôle à jouer dans la réussite scolaire. À la Fédération des établissements d’enseignement privés du Québec, où l’on réfléchit, par le biais de colloques et de conférences, à ce que sera l’école de demain, la question du réaménagement des horaires est à l’ordre du jour. On se demande si les nouvelles technologies permettraient de repenser l’organisation des classes de manière plus souple. « Avec la technologie, l’enfant peut apprendre de lui-même. C’est plus motivant », explique Jean-Marc St-Jacques. Revoir les horaires, repenser au rythme des classes, laisser une place à l’autonomie des jeunes et aux nouvelles technologies, c’est créer des façons de mieux respecter le rythme des jeunes.

CMF-FMC