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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Maison

On estime qu’au Québec, près d’une dizaine de milliers d’enfants font l’école à la maison.

La Loi sur l’instruction publique permet de faire l’école à la maison aux élèves du primaire et du secondaire, pourvu que l’élève y reçoive un enseignement et y vive une expérience éducative « qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école ».

On estime qu’au Québec, près d’une dizaine de milliers d’enfants font l’école à la maison.

Les commissions scolaires sont en principe chargées de faire le suivi de la progression académique de ces enfants. Mais elles n’exercent pas toutes leur devoir de la même manière. Certaines se contentent d'examiner les travaux et les examens de fin d'année alors que d'autres exigent que les parents signent un contrat d'enseignant qui décrit en détail les conditions d’instruction. L’idée de rendre des comptes à une institution qu’ils ont choisi de déserter ne plaît pas à tous les parents et certains refusent carrément d’impliquer la commission scolaire dans leur démarche.

Pour obtenir leurs DES et s’inscrire au cégep, les enfants éduqués à la maison doivent se soumettre aux mêmes épreuves imposées par le Ministère que ceux qui fréquentent l’école.

Il semble que les enfants qui apprennent à la maison réussissent mieux que leurs collègues scolarisés dans les écoles et que leur développement social et émotif leur est égal ou supérieur.

Les parents qui choisissent cette forme d’éducation le font parfois pour des considérations d’ordre religieux, mais surtout parce que l’école à la maison leur permet de donner un cadre pédagogique plus individuel à leur enfant ou, alors, leur donne la flexibilité nécessaire à la réalisation de certains projets familiaux (un tour du monde en bateau, par exemple !)

MELS

L’éducation, au Québec, est une réelle priorité. Il s’agit du deuxième poste budgétaire en importance, après la santé. Le système compte près de deux millions d’étudiants, quatre paliers d’enseignement, 125 000 enseignants de la maternelle au cégep et des infrastructures partout à travers la province, du Nunavik à Montréal, de Rouyn-Noranda à Blanc-Sablon.

Le MELS, ou ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, est l’organisme qui fait autorité sur ce grand bateau. Aux niveaux primaire, secondaire et collégial, le Ministère établit les programmes, définit les contenus, négocie et signe les conventions collectives. Il est également le principal bailleur de fonds. Aux cycles supérieurs, il subventionne les établissements universitaires.

Le ministère de l’Éducation est créé le 13 mai 1964 suite aux recommandations du rapport Parent. La Loi sur l’Instruction publique institue le Ministère et crée le Conseil supérieur de l’éducation, chargé de conseiller directement le ministre sur toute question relative à l’éducation. Le 18 février 2005, on assiste à un changement de nomenclature. Le ministère de l’Éducation devient alors le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le MELS.

Avant la création du Ministère, l’éducation au Québec était l’affaire des religieux. À l’époque des écoles de rang et des collèges classiques, on fonctionnait encore selon un système mis en place à la fin du 19e siècle. Le Conseil de l’instruction publique, divisé en deux comités – l’un catholique, l’autre protestant – prenait alors toutes les décisions en matière d’éducation. Quand les Libéraux de Jean Lesage prennent le pouvoir, en 1960, c’est une réforme en profondeur qui s’annonce. La Commission royale d’enquête sur l’enseignement, la Commission Parent, recommande la mise en place d’un système d’éducation unifié, intégré, public, de la maternelle à l’université, sous l’autorité d’un ministère.

Rapidement, le réseau prend forme, avec ses spécificités. Le cégep, à mi-chemin entre le secondaire et l’université, est l’une des particularités du système d’éducation québécois. Le réseau a été déployé à la fin des années 60. Il compte aujourd’hui une cinquantaine d’établissements où l’on prodigue un enseignement qui fournit une formation préuniversitaire ou qui mène vers une formation technique.

En 1960, ce n’est qu’un peu plus de la moitié des Québécois qui terminaient leur 7e année (secondaire 1) et seuls 13 % d’entre eux finissaient leur 11e année (secondaire 5). À peine 3 % des jeunes francophones de 20 à 24 ans fréquentaient l'université. Les filles y accédaient encore plus difficilement : elles ne représentaient que 14 % de la population universitaire québécoise. En 2003, 82 % de la population avait au moins un diplôme d’études secondaires. Un taux qui se compare à la moyenne de 78 % atteinte par l’ensemble des pays de l’OCDE. En 2006, c’est près de 20 % de la population totale qui avait complété des études universitaires, filles et garçons à quasi-parité.

Cinquante ans après la création du MELS, plus rien n’est pareil, le visage de l’éducation au Québec s’est profondément transformé.

CMF-FMC