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Écoles à l'examen

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Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Passage »

Le passage du primaire au secondaire est une étape majeure dans la vie de chaque enfant. Comment ça se vit?

Plan d'intervention »

Véritable cadre stratégique visant à organiser le soutien aux élèves en difficulté, le plan d’intervention est un outil essentiel de suivi.

Palmarès

Entre 2000 et 2010, l’Institut Fraser a publié un palmarès des écoles secondaires publiques et privées du Québec nommé le Bulletin des écoles. Le palmarès était établi en fonction des résultats aux examens du MELS en quatrième et cinquième secondaire et en fonction du taux de réussite des élèves. Chaque école se voyait accorder une note sur 10. Les écoles privées et les écoles publiques avec des projets particuliers s’y démarquaient.

Chaque automne, de nombreux parents attendaient la publication du palmarès dans les pages de la revue L’Actualité ( et du Journal de Montréal, pour la dernière année ) et s’y référaient quand venait le temps de choisir une école. Avec leurs enfants, ils se préparaient aux examens d’admission de ces écoles réputées, un marathon qui pouvait durer plusieurs semaines, voire des mois. Parents et professionnels de l’éducation ont alors commencé à décrier le fameux bulletin et l’écrémage du réseau public au profit des écoles les plus performantes. On se questionnait également sur la pertinence de comparer des écoles aux réalités bien différentes.

« On ne peut pas comparer des bananes avec des piments forts. Ça ne marche pas, explique Louis Bienvenu, directeur de l’école secondaire Lucien-Pagé, à Montréal. Lucien-Pagé est une école publique ouverte à tous. Dans mon école, il y a 600 élèves qui ont certaines difficultés au niveau pédagogique ou certains retards dans une ou deux matières. La langue française est souvent la troisième langue à la maison. Il y a des élèves dans cette école qui ont 16, 17 ou 18 ans, qui sont analphabètes et que j’amène, malgré tout, vers le marché du travail. On ne peut pas demander à tout le monde d’être égaux ; on ne peut pas comparer mon école avec une école privée qui sélectionne ses élèves. »

Sur le site de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante, en 2010, Marc-André Deniger, chercheur associé et ex-directeur du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire ( CRIRES ), décriait un classement qui « démotive les professeur-e-s, stigmatise les élèves et culpabilise les parents des écoles qui se retrouvent au bas de la liste, où le secteur public est nettement plus représenté. » Un vif débat est venu par le biais de l’auteure Marie-Josée Cardinal qui a réalisé le documentaire Les enfants du palmarès, en 2009. Elle se penchait sur la manière dont les enfants et les parents se préparaient aux examens de sélection des écoles les plus cotées par le palmarès, les écoles privées, et s’interrogeait sur la compétition malsaine qui en émergeait.

En 2010, Carole Beaulieu, rédactrice en chef et éditrice de L’Actualité, écrivait : « Grâce au palmarès, l’éducation faisait tous les automnes l’objet d’un grand rendez-vous médiatique. Des directeurs d’école étaient devenus des habitués des plateaux de télévision. On débattait enfin, à heure de grande écoute, d’une question vitale pour notre avenir collectif : la capacité des écoles du Québec de remplir leur mission, soit donner aux enfants les outils dont ils ont besoin pour construire leur vie et contribuer à la société. En public, des enseignants nous fustigeaient, nous accusant de décourager des jeunes et de contribuer à vider le secteur public de ses meilleurs élèves au profit des écoles privées. En privé, souvent, ils nous félicitaient d’avoir secoué l’apathie du milieu. Le palmarès défiait le nivèlement par le bas qui s’était installé dans certains établissements du Québec, bousculait l’indifférence de certaines administrations scolaires. »

En 2010, la publication du Bulletin des écoles a été suspendue. On évoque la disparition des épreuves du MELS dans certaines matières ( sciences physiques, mathématiques, histoire ) pour expliquer cette décision. L’Institut Fraser publie toujours les bulletins annuels des écoles secondaires et primaires de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de l’Ontario.

Matière à réflexion

Aujourd’hui, tant les écoles privées que publiques offrent une multitude de programmes pour attirer la clientèle étudiante. L’Actualité s’est intéressé au sujet, et vous explique comment choisir la bonne école.

Pour consulter le dernier bulletin de l’Institut Fraser sur le classement des écoles secondaires du Québec, publié en 2010.

Polyvalente

Qu’est devenue la polyvalente ? Rejeton du Rapport Parent et de la création du ministère de l’Éducation – tout comme le cégep – la polyvalente n’existe officiellement plus depuis qu’on a sorti la formation professionnelle des établissements d’enseignement général au début des années 2000. Du moins, dans le langage officiel. Car si l’idée même de la grande école qui regroupait toutes les avenues de formation, chère à Paul Gérin-Lajoie, reste en partie vivante grâce notamment au patrimoine architectural qu’elle nous a laissé, on emploie plutôt aujourd’hui le terme « école secondaire ».

Au cours des années 60, la polyvalente succède aux collèges classiques, dirigés par les religieux, aux écoles de métiers ainsi qu’aux écoles commerciales et scientifiques. Dans l’esprit de démocratisation qui prévaut à l’époque de la Révolution tranquille, les artisans du réseau de l’éducation québécois souhaitent créer un lieu ouvert, où l’on donne à la fois une formation précollégiale, menant vers le cégep, et une formation technique, axée sur le marché du travail.

La première polyvalente du Québec est la Cité des jeunes de Vaudreuil. Elle a été fondée le 31 décembre 1961 par celui qui était alors député du comté de Vaudreuil-Soulanges et ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie. Son mandat : créer un centre d’éducation, de culture et de sport ayant un rayonnement culturel régional.

Depuis 40 ans, le réseau s’est élargi – on compte aujourd’hui plus de 800 établissements secondaires ou centres de formation professionnelle publics – et la polyvalente a été repensée et revisitée à de nombreuses reprises. La formation professionnelle, particulièrement, est désormais enseignée dans des bâtiments distincts et certains locaux d’enseignement, l’expression à l’époque d’une vision novatrice de l’enseignement (les aires ouvertes, par exemple), ont été réaménagés selon des conventions plus traditionnelles. De la vaste réforme des années 60 reste l’idée d’un lieu d’éducation accessible à tous gratuitement, et pavant la voie à la formation collégiale.

Matière à réflexion

Court-métrage qui présente la structure du système d'éducation du Québec et les changements qu'impliquait « l'opération 55 », lancée en 1965 par le ministre de l'Éducation Paul Gérin-Lajoie.

Histoire de la création des polyvalentes

Courtes biographies de Paul Gérin-Lajoie, ancien ministre de l’Éducation et fondateur des polyvalentes du Québec.

Protecteur de l’élève

Depuis janvier 2010, le Ministère oblige chaque commission scolaire à embaucher un protecteur de l’élève. En cas de conflit avec un professeur ou avec la direction d’une école, les élèves pourront se confier à leur protecteur. Il a pour mandat d’analyser de façon neutre les plaintes des élèves (ou de leurs parents s’ils sont mineurs). Bien qu’il relève du Conseil des commissaires, il doit être indépendant et impartial. Il ne représente ni la commission scolaire ou l’école, ni les parents.

Il intervient une fois que le plaignant a épuisé les autres recours prévus par la procédure d'examen des plaintes (rencontre des parents avec le professeur, avec la direction de l’école, avec la commission scolaire). Toutefois, il peut se saisir d’un dossier à toute étape de la procédure afin d'éviter que l’élève ne subisse un préjudice. Il peut aussi rejeter toute plainte qu'il juge frivole, vexatoire ou de mauvaise foi.

Le protecteur de l'élève doit, dans les 30 jours de la réception de la demande du plaignant, donner au conseil des commissaires son avis sur le bien-fondé de la plainte et, le cas échéant, lui proposer les correctifs qu'il juge appropriés. Le protecteur de l’élève n’a aucun pouvoir décisionnel, mais il a le mandat de formuler des recommandations. C’est aux commissaires d’école que revient le pouvoir de prendre les actions nécessaires. Le protecteur de l'élève doit aussi transmettre chaque année à la commission scolaire un rapport sur le nombre et la nature des plaintes reçues, la nature des correctifs recommandés ainsi que les suites qui leur ont été données.

Beaucoup de protecteurs de l’élève sont des retraités de l'éducation, alors que d'autres sont avocats, notaires ou médiateurs. Ils sont bien rémunérés pour leur travail, jumelant un salaire de base (qui peut s’élever à des dizaines de milliers de dollars dans les grosses commissions scolaires) et un tarif horaire allant de 50 à 140 $ selon des données recueillies par le Journal de Montréal en 2010.

Matière à réflexion

Une page Web qui vous indique le rôle du protecteur de l’élève, ainsi que la procédure pour lui adresser une plainte.

Prématernelle

La maternelle n’est pas obligatoire, mais 98 % des enfants de cinq ans la fréquentent. Dans le passé, on allait à la maternelle le matin ou l’après-midi. Depuis l’automne 1997, la maternelle 5 ans est à temps plein. C’était une des recommandations formulées à la suite des États généraux sur l’éducation. Le développement de l’éducation préscolaire s’est poursuivi depuis, car on la considère de plus en plus comme un outil important de lutte contre l’échec et le décrochage scolaires.

Dans l’esprit de plusieurs, plus l’école commence tôt, plus elle est efficace — l’idée étant de permettre le dépistage précoce des difficultés et de s’assurer que tous les enfants commencent la première année sur un pied d’égalité, sans retard qui fera boule de neige. « Les résultats de la recherche sont très clairs à cet égard : agir tôt et mieux préparer ces enfants et leurs parents à une entrée scolaire réussie sont des moyens reconnus pour contrer le décrochage scolaire. Les enfants peuvent ainsi acquérir de précieuses compétences sociales qui leur permettront de développer les capacités nécessaires à leur réussite scolaire », selon la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy.

Depuis plusieurs années déjà, les enfants de 4 ans handicapés ou issus d’un milieu économique faible pouvaient être admis à la maternelle 4 ans à mi-temps, disponible dans certaines écoles seulement. Le gouvernement péquiste a ouvert la porte aux maternelles 4 ans à temps plein, et lors de la rentrée 2013, environ 600 enfants de quatre ans ont fait leur entrée dans des classes qui leur sont destinées. À terme, la maternelle quatre ans pourra rejoindre 8 000 enfants, à un coût annuel de 20 millions $.

Mais la maternelle 4 ans ne fait pas l’affaire de tout le monde. Si beaucoup s'entendent sur l'importance d'offrir des services dans les milieux défavorisés afin que tous les enfants partent sur un pied d’égalité lors de leur entrée à la maternelle ou au primaire, les moyens d'y parvenir ne font pas forcément l'unanimité. Certains se demandent si la maternelle 4 ans doit nécessairement être à temps plein. D’autres, s’il ne faut pas plutôt favoriser les centres de la petite enfance, créés dans une perspective semblable et où le ratio adulte-enfants est beaucoup plus avantageux.

Matière à réflexion

Feuillet expliquant les impacts positifs des classes de préscolaire à temps plein dès l’âge de 4 ans en milieu défavorisé.

Étude sur les impacts positifs et durables de l’éducation préscolaire

Article présentant les bons et moins bons côtés de l’entrée à la maternelle pour les enfants de 4 ans.

Ouvrage qui vise à renseigner les parents sur les compétences que les enfants doivent développer en classe préscolaire. Il leur propose aussi des activités et des projets qu'ils peuvent réaliser dans le contexte des situations familiales.

Le préscolaire expliqué aux parents, Lucie P. Chayer et Caroline Gravel, CHU Ste-Justine, 2006

Ne manquez pas notre épisode diffusé mercredi le 9 octobre à 19h00 tourné à l'école Notre-Dame-du-Canada à Québec où l’on mise beaucoup sur la maternelle 4 ans.

CMF-FMC