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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
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Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Stress

Depuis de nombreuses années, les enseignants s’inquiètent de la charge de stress vécue par les jeunes de tous les niveaux scolaires. Denis Provencher, intervenant social au collège privé Sainte-Anne de Lachine, l’observe. « Les problématiques qu'on retrouve sont celles qu’on voit dans notre société. On a beaucoup d'élèves qui vivent du stress. »

Le stress est une réaction normale face à un événement jugé « menaçant ». Être inquiet à l’idée de faire un exposé oral ou de passer un examen du MELS est une réaction tout à fait naturelle. France Deblois, enseignante en français au collège Sainte-Anne, croit qu’il faut distinguer le bon du mauvais stress. « Si on joue au théâtre, on a le trac avant de jouer, avant d’avoir une bonne performance. C’est sûr qu’avant un examen, on a ce qu’on appelle un bon stress qui nous pousse à travailler, qui nous pousse à investir. Il y a aussi un mauvais stress quand ça devient de l’anxiété. » De fait, on dit que l’anxiété est un niveau avancé du stress. C’est comme si un individu devenait, en permanence, hypervigilant, tendu, toujours prêt à faire face au danger.

L’anxiété de performance au niveau secondaire est une réelle préoccupation dans le milieu de l’enseignement. France St-Onge, directrice de l’école secondaire de Rochebelle, remarque que de plus en plus d’enfants en souffrent. « On a mis sur pied le comité Action Santé et on fait beaucoup de promotion de la santé mentale. La question de l’anxiété de performance revient souvent. Les jeunes demandaient d’avoir des conférences sur l’équilibre! Alors on a un psychologue qui vient depuis quelques années. »

« Nos jeunes en ont beaucoup sur les épaules », explique Claudyne Desranleau, une psychoéducatrice qui anime des ateliers de gestion de stress dans les écoles secondaires. « Au privé, c’est certain que les exigences sont encore plus grandes. En secondaire 5, les jeunes doivent décider de ce qu’ils vont faire dans la vie. C’est très tôt pour faire ces choix-là. En plus, ils veulent répondre aux attentes des parents. Ils veulent faire plaisir. Ils veulent se donner les meilleures chances, ils veulent aller vers les cégeps les plus exigeants aussi. Pour eux, la barre est haute. »

Quels impacts sur les jeunes, sur leur capacité à apprendre, sur leur réussite scolaire? Le stress et l’anxiété peuvent faire la différence entre la réussite et l’échec. Dans un article publié dans la revue Vie pédagogique, la journaliste Isabelle Péladeau rapportait les propos de différents intervenants présents à une conférence organisée par l’Association québécoise des troubles d’apprentissage. « Il peut être intéressant d’expliquer le phénomène aux élèves, particulièrement à ceux qui sont en difficulté d’apprentissage et qui relient leurs échecs à une supposée non-intelligence, parce qu’ils ont une mauvaise compréhension de ce qu’est l’intelligence. Cela leur permet de constater que d’autres facteurs peuvent entraver l’apprentissage. L’anxiété n’est qu’un des facteurs. »

On ne le répète jamais trop : la réussite scolaire, ce n’est pas qu’une affaire d’intelligence, de mémoire et d’esprit d’analyse. Elle est liée à de nombreux facteurs.

Surpopulation

La surpopulation des classes coûte au ministère de l'Éducation plus d’une dizaine de millions de dollars chaque année en compensation aux enseignants.

Les ratios élèves-enseignants, qui régissent le nombre d’élèves par classe selon les niveaux, sont dictés par la convention collective nationale des enseignants. Ils diffèrent selon que l’école est située en milieu défavorisé ou non. Dans les écoles avec un indice de défavorisation très élevé, les ratios sont plus bas pour permettre un meilleur encadrement des élèves qui sont plus sujets aux difficultés. Les ratios négociés précisent le nombre moyen d’élèves et le nombre maximal.

En 2012, suite à une révision à la baisse imposée par Québec, les maximums permis variaient de 20 élèves par classe au préscolaire, à 26 en sixième année et 29 au secondaire.

En principe, les commissions scolaires peuvent dépasser le maximum d’élèves permis dans une classe si elles manquent de locaux, de personnel qualifié, de groupes d’élèves ou encore si la situation géographique l’exige. Dans les faits, les dépassements sont très répandus aux dépens, disent plusieurs, de la qualité de l’enseignement.

L'enseignant d’un groupe d’élèves plus nombreux que le maximum permis a droit à une compensation financière. Les classes des écoles publiques sont si souvent surpeuplées que le ministère de l'Éducation verse, bon an mal an, plus d’une dizaine de millions de dollars aux 20 000 enseignants dans cette situation.

Les syndicats d'enseignement exigent depuis longtemps des solutions à la surcharge des classes. Réduire le ratio maître-élèves est certainement une bonne idée, mais c'est aussi une décision qui coûte très cher et qui nécessite l'embauche d’une quantité énorme d'enseignants, et même parfois, la construction de nouvelles écoles.

Matière à réflexion

Un article qui s’intéresse aux effets positifs et négatifs d’une réduction du nombre d’élèves par classe.

CMF-FMC