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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

Team Teaching »

Deux têtes valent-elles mieux qu'une? Pour certains professeurs adeptes du team teaching, à deux, c'est clairement mieux!

TDAH

Dans presque toutes les classes du Québec, on retrouve un enfant aux prises avec le TDAH, le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui touche tant les enfants que les adultes, sans discrimination de sexe. De 5 à 10 % des enfants seraient touchés alors que chez les adultes, ce taux chute à 4 %.

Il est difficile de comprendre l’augmentation impressionnante du nombre d’enfants TDAH au cours des dernières années. Pourtant, c’est un trouble qui a toujours existé. On l’a nommé tour à tour syndrome de l’enfant hyperactif, trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité et trouble d'hyperactivité avec déficit d'attention. Le fait qu’il soit diagnostiqué de plus en plus tôt et qu’un nombre grandissant d’élèves aux prises avec le TDAH se retrouvent au régulier, alors qu’ils étaient auparavant dans des classes spéciales, sont des pistes à considérer pour comprendre le phénomène.

Pour les enfants qui sont touchés par le trouble, aller à l’école peut devenir un véritable enfer. Bien que capables et intelligents, les petits atteints du TDAH ont des comportements d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité qui rendent l’apprentissage fastidieux. Ils échappent les détails, ont de la difficulté à compléter leurs devoirs, sont distraits par tout, bougent et se tortillent sur leur chaise, ont besoin de courir, sont maladroits dans leurs contacts avec les autres, se choquent rapidement.

Ces enfants ont besoin d’une attention toute particulière. Ils font partie de ces élèves à risque qui reçoivent des services des spécialistes de l’éducation. Les orthopédagogues et orthophonistes, pour ne nommer que ceux-là, peuvent prendre des mesures, dès la maternelle, pour qu’ils suivent le rythme du groupe et qu’ils ne prennent pas de retard par rapport aux autres élèves.

Troubles (et difficultés)

65 % des élèves handicapés ou avec difficulté d’adaptation ou d’apprentissage sont intégrés en classes ordinaires

Trouble et difficultés d’apprentissage, même combat? Pas tout à fait. Si, dans les deux cas, on se retrouve devant des enfants pour qui l’école n’est pas facile, la nature de leur difficulté est fondamentalement différente. Les difficultés d’apprentissage sont transitoires, temporaires et peuvent être corrigées. Elles peuvent être causées par des lacunes au niveau de l’éducation, la difficulté à comprendre le français, un problème de méthode de travail ou des problèmes émotifs. Les troubles d’apprentissage, à l’opposé, sont permanents et ont une cause neurologique.

Dans le jargon du ministère de l’Éducation, la plupart de ces enfants entrent dans une catégorie bien particulière, celle des EHDAA – les élèves handicapés ou avec difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.

Avec le Renouveau pédagogique, le MELS a fait le pari d’intégrer un maximum de ces enfants dans les classes régulières. C’est maintenant à l’école de s’adapter à l’élève différent et non l’inverse. 65 % des élèves HDAA sont intégrés en classes ordinaires, soit 5 % de plus qu’au début des années 2000. La présence de plus en plus marquée d’enfants avec un bagage lourd rend la tâche des enseignants plus complexe.

« Moi, j’ai des groupes de 30! Et il y a deux orthopédagogues pour toute l’école : 1 200 élèves. Les “ dys– ”, dyslexiques, dysorthographiques, je les ai tous dans mes groupes. Et le nombre d’enfants ayant besoin de mesures adaptatives ne fait qu’augmenter », raconte Marie-Pierre, enseignante dans une école secondaire de la région de Gatineau. Anabel, enseignante au primaire dans les Laurentides, souligne qu’un grand nombre de ces enfants sont médicamentés. « Dans ma classe, chaque année, j’ai facilement 6 ou 7 élèves qui prennent des médicaments. Comment ça se fait qu’il faut médicamenter le quart de ta classe pour pouvoir fonctionner? »

Comment comprendre le ras-le-bol des enseignants? Des élèves en difficulté, il y en a toujours eu. « Sauf qu’il faut prendre en considération maintenant la composition de la classe, les impacts des profils particuliers sur les classes régulières. Le nombre d’élèves mis sur la voie d’évitement augmente depuis des années », explique Denis Simard, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec. Selon Mélanie, enseignante dans une école primaire de Québec, les ressources et les outils ne sont pas au rendez-vous. « On m’a déjà offert une petite journée de formation sur la manière d'aider des élèves en très grande difficulté, alors qu’il y a un bac en adaptation scolaire où on ne fait que ça. »

Pour Denis Simard, la situation est alarmante. « Comment peut-on penser qu’un élève qui a deux ans de retard sur les autres de son niveau va mieux réussir dans une classe normale? » Si, au primaire et au secondaire, les élèves réussissent à avoir accès à un certain nombre de services, les ressources professionnelles dans les secteurs de l’éducation aux adultes et de la formation professionnelle sont extrêmement limitées. Ce sont pourtant dans ces avenues que se retrouvent bon nombre d’élèves en difficulté qui ont accumulé trop de retard dans le secteur des jeunes ou qui ont décroché avant d’obtenir leur diplôme. Un élève dyslexique le sera toujours, même rendu aux adultes ou en formation professionnelle.

CMF-FMC