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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

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Plus de 10 ans après l’abolition des cours de FPS (formation personnelle et sociale), qu’en est-il de l’éducation à la sexualité dans les écoles du Québec? Comment le travail d’éducation se fait-il alors que le programme même est disparu de la grille-matière? Tout, dans le contexte actuel, laisse penser qu’une réelle éducation à la sexualité est souhaitable, que les jeunes ont besoin d’être guidés, de réfléchir et de prendre du recul par rapport à la manière dont la sexualité est médiatisée et vécue.

Les choses ont beaucoup changé au cours des dernières années. Pour le meilleur, notamment avec une plus grande ouverture en matière d’orientation et d’identité sexuelle, un meilleur contrôle des grossesses non désirées, mais également pour le pire. Les images à caractère pornographique sont de plus en plus présentes dans les médias, sur Internet et les réseaux sociaux. Les adolescents se protègent moins et ont des pratiques sexuelles à risque, parfois déconnectées d’affectivité ou d’amour. Le rapport au corps – culte de la minceur chez les filles et de la force physique chez les garçons – est toujours complexe pour plusieurs. Et puis, même s’il y a une plus grande tolérance face à la diversité sexuelle, de nombreux jeunes sont victimes d’intimidation ou de violence. Via le Web et les réseaux sociaux, on parle de harcèlement et de détresse psychologique.

Comment faire face à la musique et faire en sorte que les adolescents trouvent leur place dans ce foisonnement d’images et de sollicitations? De manière générale, l’éducation à la sexualité est désormais interdisciplinaire et les enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire, toutes matières confondues, disposent d’un guide du MELS pour saupoudrer des notions de base dans leur cours. Au secondaire, une partie du contenu est présentée par les enseignants du cours Éthique et culture religieuse ou les enseignants de sciences. « En secondaire 2 et 3, on enseigne des notions concernant les ITSS, la contraception, le système reproducteur », raconte Isabelle, une enseignante en sciences au secondaire. « Avec Internet, les enfants ont accès à beaucoup d’information. Je suis là pour remettre les pendules à l’heure. Des trips à 5, ce n’est pas la norme. Dans mes cours, j’insiste sur les valeurs, je ramène ça à l’amour. »

En plus des enseignants, d’autres personnes viennent parler de sexualité aux jeunes. Dans certaines écoles, les infirmières font des tournées des classes, des conférenciers sont invités ou des activités sont organisées. Ainsi, chaque année, dans certaines écoles du Québec, on souligne la Journée internationale de lutte à l’homophobie ou la Journée mondiale de lutte contre le sida. Mais tout cela est ponctuel. On peut se demander si c’est assez. Ou si ça touche à l’essentiel.

« Cette situation ne correspond pas du tout à la réalité adolescente d'un Québec moderne, où les jeunes sont en contact presque tous les jours avec la sexualité via Internet, explique Chloé, une jeune diplômée d’une école secondaire de la région de Québec. Certainement que ces avancées ont apporté un lot de nouveaux sujets qui pourraient être abordés dans les cours de sexualité comme l'hypersexualisation, l'égalité homme-femme dans la relation, le sexe autour du monde… Ce qui est paradoxal dans tout ça, c'est la disponibilité du sexe partout, mais à quel point il reste tabou dans notre société. Bref, on dirait que l'école s'est adaptée à cette réalité là, plutôt que de la combattre en éduquant les gens. »

La question semble faire du chemin auprès des élus. Le 17 mai 2013, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, Québec solidaire réclamait le retour des cours d’éducation sexuelle.

CMF-FMC