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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

À quoi peut ressembler l’école idéale? Chaque épisode de la série nous amène à nous poser la question. Pour en débattre chaque semaine, rejoignez la page Facebook de l’émission!

L’école idéale donne-t-elle une deuxième chance?

Finir son secondaire en 5 ans, ce n’est pas forcément possible pour tout le monde. Crises familiales, consommation, dépression, difficultés d’apprentissage, déménagement ou adolescence difficile sont autant de raisons qui peuvent faire en sorte que certains élèves qui ont pourtant toutes les aptitudes requises pour obtenir leur diplôme ont simplement besoin de plus de temps ou d’une autre approche pour y arriver. Est-ce que tous les élèves doivent forcément atteindre les mêmes objectifs, en même temps? Formation professionnelle, programmes spéciaux et écoles de raccrocheurs sont souvent synonymes de deuxième chance pour les élèves qui n’arrivent pas à suivre le parcours de la majorité. Et pour beaucoup d’entre eux, c’est une deuxième chance salutaire, qui les mène à un métier et à une vie épanouie.

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L’école idéale est-elle spécialisée?

Les enfants lourdement handicapés ont accès à des écoles spécialisées, comme l’école Victor-Doré. Est-ce le milieu qui leur convient le mieux? L’intégration des élèves qui présentent des besoins particuliers – comme un handicap physique ou un trouble d’apprentissage – dans les classes régulières est un objectif louable : on permet ainsi à ces enfants de vivre une vie scolaire moins stigmatisée, dans leur quartier, exposés à la «  vraie vie ». On permet aussi à tout ce beau monde de mieux se connaître et d’apprendre à vivre ensemble.

Mais certains enfants ont simplement besoin de plus de soutien que ce que l’école régulière peut leur donner. Les écoles spécialisées peuvent offrir aux élèves ce qu’il y a de mieux comme services d’appoint, mais aussi un environnement scolaire plus sécurisant pour les enfants et les parents.

L’école idéale est-elle multiculturelle?

On voit souvent l’intégration des nouveaux arrivants à l’école comme un défi, une source de difficultés potentielles. Dans beaucoup d’écoles des grandes villes du Québec, la proportion de Québécois « de souche » est à la baisse, et dans certains établissements de plus en plus nombreux, ils sont minoritaires. La maîtrise inégale du français et le choc parfois brutal des cultures sont des éléments qui peuvent sembler négatifs, mais ne sont-ils pas compensés par la découverte d’autres horizons et l’ouverture d’esprit qu’une école où se côtoient toutes les nations engendre forcément?

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L’école idéale est-elle privée?

C’est difficile de ne pas en pincer un peu pour l’image de succès que nous envoie le privé! On a l’impression que l’école privée a trouvé LA recette, qu’elle offre une éducation hors pair, qu’elle produit la crème de la société de demain. Mais la réalité des 363 écoles privées du Québec est plus nuancée. Ce ne sont pas toutes les écoles privées qui n’acceptent que les meilleurs élèves. Pour boucler les fins de mois, un grand nombre d’entre elles doivent admettre tous les élèves qui s’y inscrivent.

Du côté du public, beaucoup d’écoles cherchent à concurrencer le privé en offrant des programmes particuliers et certaines font même une sélection des élèves, comme dans les grandes écoles privées.

Et selon toute vraisemblance, la fréquentation de l’école privée n’est pas nécessairement un meilleur gage de réussite : les étudiants qui réussissent le mieux à l'université proviennent à parts égales du privé et du public.

L’école idéale compense-t-elle les inégalités sociales?

Les enfants n’arrivent pas tous égaux à la maternelle. Ceux issus de milieux plus modestes commencent parfois leur parcours scolaire moins bien outillés que les autres. Qu’elle soit liée à des conditions sociales, culturelles ou économiques difficiles, la défavorisation peut avoir des conséquences négatives sur l’expérience scolaire des enfants : risques d’échec plus élevés, difficultés d’ordre social ou comportemental, risques de décrochage accrus…

Afin de favoriser la réussite des élèves plus vulnérables, certaines écoles bénéficient de subventions supplémentaires pour mettre en place des programmes qui visent à rétablir l’équilibre et donner des chances égales à tous les enfants de réussir. Mais est-ce vraiment le rôle de l’école?

L’école idéale fait-elle beaucoup de place aux arts?

Les bienfaits de l’éducation aux arts pour le développement individuel des jeunes ont été documentés par de nombreuses études à travers le monde. L’enseignement des arts à l’école favorise le développement personnel et émotionnel et stimule l’imagination, la créativité, le sens critique – des qualités souhaitables dans une foule de domaines autres que le domaine artistique. Mais au-delà de ces considérations plus philosophiques, on trace maintenant un lien clair entre l’apprentissage des arts et la réussite scolaire.

Toutes les écoles devraient-elles faire une plus grande place aux arts? Difficile de trouver des défauts à une telle proposition, sauf que dans le contexte budgétaire actuel, l’enseignement des arts est aussi un choix administratif lourd de conséquences. Pour financer leurs programmes axés sur les arts, les écoles à vocation particulière doivent couper ailleurs, souvent entre autres dans les services aux élèves en difficultés - avec la conséquence que seuls les élèves qui fonctionnent déjà plutôt bien à l’école sont en mesure de vraiment bénéficier de ce type de programme.

L'école idéale fait-elle appel à la communauté?

L’école est-elle simplement l’affaire de l’école? On s'attend certainement à ce que les parents d'élèves s'impliquent un minimum dans la vie de leur école, mais est-ce qu'en ces temps de compressions budgétaires, l'école ne peut pas aller chercher des ressources intéressantes dans la communauté qui l'entoure? Des grands-parents qui donnent un coup de main en français à des élèves immigrants, comme à l'école des Quatre-Vents, des résidents du quartier qui se mobilisent pour remettre la cour d'école en état, des parents qui organisent des levées de fonds par le biais d'une fondation pour soutenir le projet pédagogique d'une école - l'école doit-elle s'appuyer sur les ressources qui l'entourent pour améliorer ses services?

L’école idéale doit-elle préparer au marché du travail?

La formation professionnelle est, encore aujourd’hui, considérée par certains comme une formation qui mène à un diplôme de second ordre ou encore qui est destinée à ceux qui réussissent moins bien à l’école. Pourtant, le marché du travail a un besoin réel de main-d’œuvre formée pour des métiers plus techniques et, dans plusieurs domaines, l’école ne produit pas assez de diplômés pour satisfaire la demande.

Par ailleurs, on reproche depuis quelques années à l’université québécoise de s’orienter de plus en plus vers une formation technique et de tourner le dos à son rôle de formation de penseurs, d’intellectuels, de chercheurs dont le rôle est de réfléchir et de faire avancer nos sociétés.

L’école idéale forme-t-elle des travailleurs ou des penseurs?

L’école idéale est-elle axée sur les programmes spéciaux?

La classe régulière est une espèce en voie de disparition, semble-t-il. Pour motiver les élèves et séduire leurs parents, beaucoup d’écoles développent de plus en plus de programmes particuliers : des options ou concentrations en sport, en arts, en sciences qui offrent aux élèves intéressés et assez performants la possibilité de comprimer le programme régulier pour faire une place plus importante à des matières spécialisées.

Cette approche plus dynamique est sans doute un plus pour les élèves qui en profitent, mais quel impact cette tendance a-t-elle sur les écoles « ordinaires »? On peut s’inquiéter d’un certain écrémage des classes régulières qui perdent ainsi plusieurs de leurs meilleurs élèves et qui se retrouvent avec des proportions plus élevées d’élèves en difficulté, alourdissant ainsi la tâche des enseignants.

L’école idéale doit-t-elle valoriser l’expérience?

Les jeunes enseignants qui sortent des universités ont parfois de la difficulté à trouver un poste qui leur procure une certaine sécurité d’emploi… Dans certains secteurs, ils devront se contenter, pendant plusieurs années, de suppléance au jour le jour ou de contrats temporaires ou à temps partiel. Une injustice, selon plusieurs d’entre eux qui accusent les « vieux » profs de prendre toute la place.

Profession ultra syndicalisée s’il en est une, l’enseignement semble effectivement accorder une place de choix à l’expérience et à la longévité. Est-ce si mal? Devant des classes de plus en plus complexes, le « millage » peut représenter un atout indéniable. Mais on accuse les syndicats de protéger coûte que coûte l’ancienneté, au détriment des jeunes enseignants qui, faute de trouver un minimum de stabilité, quittent la profession dans les cinq premières années dans 20 % des cas…

L’école idéale est-elle petite?

L’école de la Falaise compte une quarantaine élèves. C’est peu, comparé à certaines écoles primaires en milieu urbain qui peuvent accueillir plusieurs centaines d’élèves. Est-ce que l’école est meilleure quand elle est petite? Il y a des avantages évidents aux petites écoles : l’encadrement des élèves est plus facile, la discipline aussi. On s’y sent entouré, comme faisant partie d’une communauté tissée serrée. Et c’est plus facile pour le personnel de travailler ensemble, dans une approche concertée.

Mais les grandes écoles ont aussi leurs avantages : avec plus d’élèves, les budgets augmentent, donc les services aussi. Et on peut saluer la richesse que procure la diversité d’une école très fréquentée. En s’organisant en plusieurs petites unités, les grandes écoles peuvent-elles réussir à aller chercher certaines qualités des écoles plus petites?

L’école idéale stimule-t-elle la performance?

Dans les années 80, les voies de formation – allégée, régulière et enrichie – mises en place suite au rapport Parent sont disparues des écoles secondaires au nom d’un certain égalitarisme. On souhaitait uniformiser le curriculum et créer un environnement d’apprentissage où la comparaison avec l’autre prenait moins d’importance. Puis, avec la réforme, est apparu le bulletin descriptif qui escamotait pourcentages et moyennes de groupe…

On peut louer l’objectif de réduire la compétition et de créer un environnement scolaire où tous peuvent s’épanouir, mais l’école ne doit-elle pas pousser les élèves plus forts vers des programmes qui les stimulent davantage? La performance est-elle forcément une mauvaise chose? La prolifération des programmes spécialisés tant au privé qu’au public semble démontrer que le système a besoin de façons différentes de mener à bon port des élèves aux compétences variées.

CMF-FMC