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Écoles à l'examen

Diffusion :
Jeudi vers 0 h 30
Rediffusion :
Aucune rediffusion
Durée :
60 minutes

Du 22 juin au 10 septembre

25 septembre 2013

L'école de toutes les nations

À l’école Lucien-Pagé, une des plus pauvres de Montréal, le taux de décrochage dépasse les 50 %. Pour renverser la vapeur, on y a créé des programmes destinés à garder les jeunes sur les bancs de l’école : à travers la pratique soutenue de la danse ou du basket, on arrive à motiver et encadrer des jeunes qui pourraient autrement tout lâcher. Alder Pierre, lui-même issu du programme de basket, est revenu enseigner à Lucien-Pagé pour poursuivre un travail qui fait toute une différence.

À Montréal, au coin des rues St-Laurent et Jarry, revêtant des allures de bunker, l’école secondaire Lucien-Pagé abrite trois kilomètres de corridors dans lesquels déambulent 1 400 étudiants originaires des quatre coins du monde. La multiethnicité est un défi et le secteur est défavorisé. Garder les jeunes à l’école et les mener à la réussite est difficile.

Tout au long de l’année, la vie des élèves inscrits à la concentration basketball est ponctuée par les cours, les entraînements, les activités de financement et les compétitions. Ils font partie d’un projet mis sur pied pour leur garder les pieds solidement ancrés à l’école. Ils ont un horaire unique : leurs cours d’art et d’éducation physique ont été transformés en périodes de basketball.
Par le biais de la pratique sportive, les professeurs qui les encadrent leur inculquent des valeurs qui leur serviront bien au-delà des terrains de basket : persévérance, entraide, respect, discipline et rigueur. À travers le basket, on prône la réussite scolaire : les élèves inscrits à la concentration basketball doivent participer à des sessions d’étude spéciales et rendre des comptes sur leur performance académique. Sans réussite scolaire, pas de basket. Et ultimement, dans une école où la moitié des élèves sont nés à l’extérieur du pays, le programme s’avère un outil d’intégration très efficace : sur le terrain, toutes les différences s’aplanissent.

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Alder Pierre

Professeur d’éducation physique

Physique athlétique, barbe et moustache bien taillées, visage souriant qui en dit long sur son attitude positive, Alder Pierre pilote le programme de basketball de l’école Lucien-Pagé. Absolument dédié à ses élèves et à son école, cet amoureux du basket met tout en œuvre pour faire en sorte que ses jeunes s’accrochent les pieds à l’école. Originaire d’Haïti, ayant grandi à Montréal-Nord, il connaît bien la réalité des jeunes qui sont inscrits au programme de basket. Il est passé par là, lui aussi, et considère que c’est le sport qui lui a permis de s’accrocher à la vie et à l’école. Son implication auprès des jeunes est totale. Il habite tout près, passe de nombreuses heures à l’école presque chaque jour, même l’été et les fins de semaine.

École Lucien-Pagé

Montréal

L’école secondaire Lucien-Pagé est une des plus défavorisées de la Commission scolaire de Montréal. Plus de la moitié des élèves de Lucien-Pagé proviennent du quartier Parc-Extension. Ce quartier de Montréal est bien connu pour son nombre élevé de résidents immigrants et pour son haut niveau de défavorisation matérielle. Selon les données de Statistiques Canada, le revenu total moyen des résidents de 15 ans et plus y est de 17 000 $ par année contrairement à 33 000 $ dans l’ensemble de Montréal. Les personnes n’ayant ni le français, ni l’anglais comme langue maternelle comptent pour près de 80 % de la population du quartier.

Avec un taux de décrochage de plus de 50 % et à peine plus de la moitié de ses élèves nés au Québec, l’école fait face à des défis énormes. Mais malgré toutes les difficultés, Lucien-Pagé est une école secondaire dynamique où une foule de projets sont mis en place pour répondre aux besoins des élèves.

CMF-FMC